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Fort message de soutien de William BOURDON avocat au Barreau de Paris et "défenseur des droits de l'homme" :

MAGNIFIQUE message de soutien de

William BOURDON avocat au Barreau de Paris et "défenseur des droits de l'homme" :

"Je retrouve avec effroi et malheureusement sans grande surprise, les approximations,les amalgames, les raccourcis qui, il y a quelques années, ont ponctué, parfois détourné,les propos qui étaient les nôtres avec mon ami Jacques DEBRAY quand nous défendions Mourad BENCHELLALI et Nizar SASSI après qu’ils aient été mis en examen par « l’Amiral », surnom militaire donné à Jean-Louis BRUGUIERE quand il a mis nos clients en examen à la suite de leur « expulsion » de GUANTANAMO par les Américains à l’été 2004.

Quelle est cette inaudibilité provoquée par ce prisme inconscient, celui des naïfs qui comprend parfois les journalistes décidemment trop amoureux de Panurge mais aussi ce prisme conscient, celui des cyniques, c’est-à-dire ceux qui essayent de rafler la mise du marasme dans lequel se trouve notre société.

Ce sont ceux-là qui parfois, avec des mots bien choisis, fleuris, me disaient à propos de Mourad quand je plaidais furieusement qu’un jeune français de l’immigration pouvait, par immaturité, manipulation ou manque de vigilance, se trouver dans un camp d’entrainement en Afghanistan et être, dans le même temps, à des années-lumière d’une quelconque adhésion à un projet de violence et encore plus, à un projet terroriste, que quand même, il n’avait été en terre afghane pour prendre des cours de macramés.

Aujourd’hui Mourad essaye de faire briller la bougie qu’il a allumée dans la mer de l’obscurité de la pensée unique qui ravage toutes les consciences de notre pays, à quelques exceptions près, portées par l’infâme ZEMMOUR et ses followers, partisans d’une laïcité de combat, offensive contre tous les signes religieux et bien sûr les signes portés par les musulmans seulement.

C’est elle qui leur fait dire – pas avec ces mots-là, bien sûr – mais c’est le sens lugubre qui passe, que chaque musulman, nécessairement, porte potentiellement dans son cerveau un petit logiciel qui fait de lui, qu’il le veuille ou non, un homme qui n’aime pas les femmes (ce qui dans le cas de ZEMMOUR est un hommage du vice à la vertu) mais surtout, qu’il ne pourrait que se défier des lois de la république au point parfois d’épouser, religieusement, ethniquement et inévitablement la cause de l’islamisme armé.

Certes Mourad, un juste, une belle conscience de l’humanité, a été accueillie avec chaleur par certains de nos élus et des politiques mais aussi, à nouveau, par je ne sais quelle paresse de l’esprit, se voit désigné comme repenti, mais repenti de quoi puisqu’il n’est coupable de rien ? Mais il ne peut être que repenti. C’est ontologique s’il a été en Afghanistan et ensuite à Guantanamo.

Voilà comment insidieusement on jette une goutte de venin, une petite boule puante sur un parcours qui est celui de l’humilité, de la gentillesse et de l’attachement aux valeurs de notre république mais aussi la solidarité avec ses frères ; celle qui est portée par un seul vrai sens de la responsabilité.

Pour faire bonne mesure, on explique qu’il est anti-Djiad. Il n’y aurait donc aucune mesure possible pour Mourad. Il serait, soit du côté des apprentis sorciers, soit à travers ce slogan démagogique, l’ennemi des jeunes djiadistes, ceux qui vont souiller l’humanité en Syrie.

Il les combat comme nous mais il sait mieux que nous pourquoi et comment.
Et oserais-je dire, que nous n’ignorons pas ni l’un ni l’autre l’impossibilité de dire que le Djiad peut être aussi une aventure de fraternité non violente, c’est ce qui rend ces étiquettes clivantes détestables.

Oui, cela fait des années qu’ont été criminalisés et parfois justement en France, des jeunes musulmans qui ne fréquentaient jamais la mosquée, qui ont fait des choix imbéciles et qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, avec le pire de l’humanité tout en étant éloignés, de façon irréductible.

Jean-Louis BRUGUIERE, quand je l’avais questionné sur le nombre de personnes qui étaient acquittées et qui bénéficiaient de non-lieu après avoir été durement mis en examen par ses soins, ne m’avait pas caché que dans la lutte contre le terrorisme, il y avait nécessairement des victimes collatérales. C’est parmi elles qu’ont pioché avec gourmandise les recruteurs d’hier et de demain.

Mourad fait partie de ces hommes. Jeune citoyen français, père de famille courageux, formidable apôtre de la résilience et qui aujourd’hui rencontre une popularité auprès des politiques, des journalistes, qu’on célèbre avec enthousiasme s’il n’était pas le signe aussi en creux – il s’en méfie et il a raison – de ces retours de balanciers mécaniques de ceux qui sont un jour les promoteurs du pire obscurantisme et qui le lendemain, célèbrent ceux qui le combattent.

Oui, c’est parce qu’il y a bien sûr, et les images atroces qui déferlent sur le Net nous y obligent, de jeunes français, parfois des petits normands ou auvergnats, qui parce qu’ils ont le cerveau et l’âme en miettes, se font ramasser sur internet pour être des fossoyeurs de l’humanité en Syrie, qu’il faut écouter impérativement ceux qui savent mieux que quiconque, comme Mourad, que cela n’est pas une fatalité, que tous les jeunes musulmans ne portent pas en eux un programme qui les vouerait à en être les acteurs ou les sympathisants silencieux alors qu’ils en sont à certains égards les premières victimes.

Oui, je sais les sénateurs l’ont écouté, et d’autres hommes et femmes politiques mais passés l’éphémère photo et le sourire appuyé comme une célébration de sa mauvaise conscience et de sa surdité, il faudra bien que la république et ceux, demain, qui en auront les rênes, prennent en mains l’immense désolation psychologique, sociale, économique qui a été le gisement du recrutement de tous les fanatiques.

Mourad prend des risques par sa prise de parole. Il faut le protéger et l’aider et pas simplement par des célébrations de convenance.

Je pense à Jacques DEBRAY qui m’a si brillamment accompagné pour que Mourad fasse valoir son innocence.

Aujourd’hui, nous sommes devant les juges européens. Nous gagnerons car la
manipulation des services secrets français sera censurée et l’innocence de Mourad,

consacrée.

Mais il faut gagner pour que la démocratie vive et respire avec ceux qui la chérissent comme Mourad contre vents et marées."

William BOURDON.

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